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Déclaration CER Bretagne août 2011

Monsieur le Président,

Alors que l’ouverture à la concurrence du transport de voyageurs est devenue un sujet d’actualité, sous l’impulsion des politiques européennes, les différents types de service de transport voient leur qualité, leur part de marché ou leur rentabilité stagner (difficultés de FRET SNCF, baisse de la rentabilité TGV, etc. etc. …).

Les dettes des établissements SNCF et RFF atteignent des niveaux préoccupants et la filière industrielle ferroviaire traverse un nombre certain de difficultés.  

Dans ce contexte, la ministre de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement et le ministre chargé des transports ont souhaité mettre en débat le modèle ferroviaire français, ainsi que son devenir au sein d’assises du ferroviaire :

Ouverture le 15 septembre 2011, conclusions mi février 2012 calendrier électoral oblige.

Cette proposition répond aux attentes de l’UNSA Cheminots.

En effet, selon nous, s’interroger sur l’avenir du ferroviaire avec « l’ouverture à la concurrence » comme fil rouge de travail est pour le moins réducteur et peut même s’avérer contre productif.

Ainsi des sujets tel que :

-la remise en état du réseau

-le développement du réseau TGV et son financement

-la qualité de service (régularité, information voyageurs, services)

-l’industrie ferroviaire française

-les directives européennes (1er paquet ferroviaire, OSP, concurrence)

Sont autant de pistes de travail.

Pour l’UNSA Cheminots, nous estimons que nous arrivons au terme d’un cycle entamé au milieu des années 90. A cette époque, la SNCF surendettée s’inscrivait dans une stratégie de fermetures de lignes non rentables.

La régionalisation, expérimentale dans un premier temps, mais également la création de RFF, ont permis par le désendettement de la SNCF de revitaliser un mode ferroviaire. Le développement du TGV et la modernisation des TER ont inscrit le mode ferroviaire comme outil incontournable d’aménagement du territoire.

L’engagement des régions, notamment par la rénovation du matériel TER, aura permis la modernisation tant de l’offre que de la qualité des TER. L’évolution de la fréquentation des TER lors des dix dernières années démontre l’efficience de la régionalisation, mais également la pertinence du mode ferroviaire comme mode de déplacement de proximité.

Nous sommes aujourd’hui dans un contexte marqué par la double contrainte de l’endettement chronique de RFF et de l’étranglement financier des régions. Il serait utopique de penser que l’ouverture à la concurrence serait la solution aux difficultés financières et autoriserait à elle seule à croire en l’avenir du fer.

Monsieur LAELLEC Vice Président du Conseil Régional en charge des transports en est d’ailleurs fortement convaincu au vu de ses propos lors de la première table ronde sur l’avenir du Technicentre de Rennes.

L’ouverture à la concurrence du fret ferroviaire peut nous servir d’exemple. Il serait utile de réaliser un retour d’expérience sur les impacts de la multiplication des entreprises ferroviaires sur le marché du fret. Tout porte à croire que le volume transporté continue de décroître et le report modal de la route vers le ferroviaire préconisé par le grenelle de l’environnement reste déficitaire. Il conviendrait également de mesurer la situation financière des transporteurs de fret ferroviaire.

Par ailleurs il nous parait primordial que les travaux de ces assises ferroviaires s’inscrive dans une vision à long terme intégrant des notions telles que : l’augmentation du prix des carburants, le prix de l’immobilier, en particulier dans les zones urbaines, l’accès au centre de distribution. La structuration du modèle actuel date d’une cinquantaine d’années et, est basée sur la voiture et une énergie peu chère. Il est indéniable que dans un avenir proche, le transport deviendra un produit non accessible à tous.

Pour l’UNSA Cheminots, ces assises ferroviaires doivent déboucher sur des propositions opérationnelles concrètes dans l’intérêt des usagers et des cheminots et ne pas servir à démanteler l’EPIC SNCF.

Merci de votre attention