Train régional. La Bretagne championne toutes catégories

Le train régional breton est le plus ponctuel de France mais aussi le plus moderne et le moins coûteux pour le contribuable. Merci qui? Merci la Région et son opérateur la SNCF, qui se disent l'un et l'autre ravis de la convention qui les lie.
C'est la Région qui rémunère l'exploitant, c'est elle aussi qui investit dans le matériel. Une compétence lourde: au budget 2011, le conseil régional a inscrit 156,2millions d'euros au chapitre ferroviaire. Et la programmation 2007-2013 prévoit 1,1 milliard d'euros.
Fuite à la pompe
«Je constate que les trains sont à l'heure, avec un taux de régularité de 96%, le meilleur de tous», commente le président Jean-Yves Le Drian. «Je constate aussi une augmentation significative du nombre de voyageurs, en hausse de 50% depuis huit ans». Cette évolution du trafic est encore accentuée par la hausse du prix du carburant. «À chaque hausse, l'effet est immédiat», explique Gérard Lahellec, vice-président du conseil régional chargé des transports. Il est aussi durable: «Beaucoup de voyageurs prennent le train régional pour la première fois en période de flambée du pétrole. Sans doute sont-ils séduits puisqu'après avoir découvert le TER, ils lui restent fidèles après la décrue du tarif à la pompe».
Meilleur service à moins cher
Ce succès du train, porté par le dynamisme de la démographie bretonne, est aussi lié au confort accru des rames (aujourd'hui, 100% du matériel roulant est neuf ou rénové), à l'accroissement des cadencements(241trains hebdomadaires de plus depuis trois ans), à la vitesse de plus en plus élevée(aujourd'hui, les ZTER sont plus rapides que les TGV sur Rennes-Brest) ainsi qu'à l'amélioration des gares et haltes ferroviaires. Mais il est également dû à la tarification qui permet de ne facturer aux usagers que le tiers du coût du billet, l'essentiel restant à la charge de la Région. Le pari de cette tarification était d'en compenser la baisse par une augmentation plus importante du nombre de voyageurs et de générer ainsi plus de recettes. Voilà qui est fait et qui devrait se poursuivre avec un nouvel effort à venir, en direction des jeunes.
«Conjuguer TGV et TER»
Le pari des années à venir sera de faire face à cette pression croissante de la demande, tout en développant de nouvelles ambitions liées à la LGV. «Notre préoccupation, c'est que l'effet TGV et l'effet TER se conjuguent pour offrir un service encore plus performant», annonce le président Le Drian. «Nous voulons que le progrès n'oublie personne, aucun territoire, aucune catégorie sociale», ajoute Gérard Lahellec, en insistant sur la nécessaire irrigation qui permettra de faire bénéficier tous les Bretons de l'accélération sur Paris-Rennes. Les 17 nouvelles rames TER à deux étages (500 places assises), dont les premières seront livrées en 2014, permettront d'assurer sur les lignes quasi-saturées de Landerneau-Brest et de l'étoile rennaise.
- Alain Le Bloas Le télégramme.com

