Les usagers du TGV Rennes - Paris se mobilisent

Cette semaine doit être créée l'association de défense des usagers de la ligne Rennes - Paris. Ils ne supportent plus des retards « de plus en plus fréquents ».
Alors forcément, dans ces conditions, les retards à répétition finissent par énerver. « Depuis le début du mois de janvier, j'ai déjà accumulé une heure et quart de retard... », rage-t-il.
Une indemnisation de 4,60 €
Du coup, pour mieux se faire entendre, il a décidé, avec deux autres abonnés, Benoît Deniard et Mathieu Lebée, de monter l'Association (1) bretonne de défense des usagers de la ligne Paris-Rennes. Les statuts vont être déposés en préfecture au début de cette semaine et un rendez-vous avec deux responsables de la SNCF est d'ores et déjà programmé au début du mois de février.
L'objectif de ces trois usagers (2) est donc de rassembler le plus de voyageurs pour ensuite peser davantage lors des discussions avec la SNCF. Car outre les retards, les trois fondateurs dénoncent les conditions dans lesquelles la SNCF les indemnise. « La démarche est tellement lourde que bien souvent on ne demande rien », reconnaît-il.
Tout d'abord, il faut que le retard soit imputable à la SNCF et supérieur à 30 minutes. D'autre part, « il faut adresser à la SNCF l'original du forfait. On attend ensuite deux à trois mois avant d'obtenir une réponse. Enfin, on ne peut se faire rembourser qu'un seul retard, même si on en a subi plusieurs dans le mois », détaille-t-il. Et pour quel résultat ? Au mieux, il obtiendra un remboursement de... 4,60 € alors que son forfait mensuel et ses réservations lui coûtent environ 650 €.
La SNCF prête à discuter
À la SNCF, on confirme une telle somme. Celle-ci applique en effet un calcul qui laisse peu de place aux largesses. Un abonné qui effectue un aller-retour quotidien, totalise 40 voyages par mois (20 allers-retours). Le prix d'un billet correspond donc au prix du forfait divisé par 40. La SNCF remboursant 33 % du prix du billet, elle verse donc 33 % d'un quarantième...
La SNCF assure avoir entendu les plaintes des usagers. Barbara Dalibart, la directrice générale de SNCF voyages, vient ainsi d'annoncer qu'elle offrait aux abonnés un bon voyage de 200 € et que les tarifs des forfaits, en juillet prochain, n'augmenteront pas. Mais Thierry Quéré, le directeur TGV Bretagne, plaide aussi pour un peu de clémence. « Depuis la rentrée, on a dû faire face aux grèves, à la neige. Plus régulièrement, nos trains peuvent être retardés par des suicides sur les voies. Or, à chaque fois, cela occasionne environ une heure et demie de retard. »
Sont-ce toutefois les seules raisons de ces retards ? Chaque jour, 21 TGV circulent entre Rennes et Paris. Or, en fin de semaine dernière, la SNCF dévoilait la liste des 12 lignes les plus en difficultés dont Paris-Chartres-Le Mans...
Pierrick BAUDAIS. Ouest-France

