Les régulateurs rennais veillent sur le trafic ferroviaire
Jean-Luc Gallien, régulateur sous-station : « Un travail qui nécessite rigueur et sérénité. »
400 trains de voyageurs et 37 000 passagers circulent chaque jour en Bretagne. Petit retard ou gros pépin, les agents du centre de gestion des circulations veillent...
Des trains - presque - toujours à l'heure
97 % des TER (Transports express régionaux) et 94 % des TGV sont à l'heure. Et pour ceux qui ne le sont pas, « les retards supérieurs à 10 minutes ne concernent que 1 % des trains », souligne Thierry Chaplais, chargé de communication à la SNCF. Chaque jour, ce sont 37 000 passagers qui empruntent les 400 trains circulant en Bretagne : une vingtaine circulent simultanément en heures creuses, jusqu'à soixante aux heures de pointe. Trafic auquel il convient d'ajouter les trains de transport de marchandises.
Le centre opérationnel de gestion des circulations
À Rennes, il supervise le trafic ferroviaire de toute la Bretagne. Une dizaine de personnes s'y emploient en permanence, réparties en trois pôles. Les régulateurs s'occupent de la circulation des trains. Les régulateurs sous-station gèrent l'alimentation électrique du réseau. « En cas d'urgence, nous avons la possibilité de couper l'approvisionnement d'un ou plusieurs tronçons », explique Jean-Luc Gallien. Un train lancé à 160 km/h mettra alors une vingtaine de secondes à s'arrêter. Quant aux permanents voyageurs, ils prennent en charge les usagers soumis à des perturbations de trafic.
Petits soucis et gros tracas
Conditions météo défavorables, personnes ou animaux déambulant sur les voies, pannes, incidents de personnes, vandalisme... À chaque situation, parfois cocasse ou inhabituelle, une décision, souvent prise dans l'urgence : « Un enfant nous a appelés car son lapin était sur une voie, raconte Jean-Luc Gallien, régulateur sous-station. Tout de suite nous avons pensé que ce petit garçon pourrait être amené à aller le récupérer, nous avons coupé l'alimentation de la ligne pour y arrêter la circulation ! »
Les régulateurs
« Chaque train est matérialisé par une ligne sur nos écrans. Les informations remontent en temps réel par les agents de circulation dans les gares, des balises au sol », explique Patrick Perrin. Retards, pannes, incidents, travaux... Un problème sur une voie ou un train, les régulateurs vont anticiper et gérer la circulation de tous les trains pouvant être impactés : « Des manifestants sur les quais à Rennes, et ce sont des trains qui peuvent être bloqués à Saint-Brieuc, pas question de faire partir les trains si c'est pour les obliger à s'arrêter en-dehors d'une gare ! »
Quand rien ne va plus
Toute perturbation n'affectant pas le fonctionnement du réseau pour une durée supérieure à deux heures se gère au niveau des salles de régulation. « Quand on arrive ici, c'est mauvais signe », prévient Yvan Bernard. « Ici », c'est la salle de crise, ouverte par le directeur d'astreinte lorsque les perturbations dépassent les deux heures. Schéma de transport, prises en charges clients, contrôleurs, conducteurs... « Tout le staff se réunit pour prévoir et organiser tout ce qui se passera pour les quatre heures suivantes. »
Le meilleur service aux usagers
Train en panne ou supprimé, retard, correspondance loupée... Les permanents voyageurs vont tout mettre en oeuvre pour permettre aux usagers d'arriver à destination « dans les meilleures conditions de sécurité et de rapidité », explique Yvan Bernard. Les décisions sont prises en relation avec les contrôleurs, en fonction du nombre de passagers, de leurs contraintes et spécificités. En 2009, 1 520 taxis, 444 autocars et 401 nuits d'hôtel ont été proposés aux voyageurs, au cas par cas. « Et à chaque fois que le stockage est possible dans des conditions optimales, nous entreposons bouteilles d'eau et en-cas dans les gares. » À Redon ce jour-là, il y avait 48 petits-déjeuners, 720 bouteilles d'eau et 648 coffrets collation...
Brigitte SAVERAT-GUILLARD.
Ouest-France


